Etape 37 - Istanbul
- La divine surprise de la mosquée de Sokollu
Samedi 1er avril 2023.
Après une petite pause "à la maison", nous
repartons à l'assaut d'Istanbul et de ses belles mosquées.
Et je pèse mes mots... Car nous allons voir certainement
la plus belle de toutes : la mosquée de Sokollu.

Je me souviens être allé,
il y a dix ans de ça, voir cette mosquée de
Sokollu, mais il faisiat nuit et je n'avais pas pu pénétrer
à l'intérieur...

Alors autant le dire tout de suite,
cette mosquée de Sokollu sera mon meilleur souvenir
de ce nouveau séjour à Istanbul, mon véritable
coup de coeur. Un monument à ne pmanquer sous aucun prétexte.

La fille du sultan Selim II, qui
avait épousé le grand vizir Sokollu Mehmet Pacha,
commanda à Sinan cette mosquée construite en 1571.
A mon sens, son véritable chef-d'oeuvre.

Né en Bosnie dans une famille
de sang royal, Sokollu Mehmet Pacha fu grand amiral à
40 ans, puis gouverneur de la Turquie d'Europe, avant de grimper
les échelons et de devenir grand vizir.

Il eut une longue vie puisqu'il survécut
au sultan Soliman, à son fils Selim II et fut même
aux ordres de son petit-fils Murad III.

Mais toutes les bonnes choses ont une
fin et il fut assassiné par un détraqué
en 1579. Sa tombe est visible près de la mosquée d'Eyüp.

La mosquée est connue pour son
emplacement architectural difficile sur une pente raide. Sinan
a résolu ce problème en faisant face à la mosquée
avec une cour à deux étages. Le rez-de-chaussée
était divisé en boutiques, dont les loyers étaient
destinés à contribuer à l'entretien de la mosquée.

L'étage supérieur avec
une cour ouverte à colonnades avait les espaces entre
les colonnes sur trois côtés murés pour former
de petites pièces, chacune avec une petite fenêtre,
une cheminée et une niche pour ranger la literie, formant
les logements d'une médersa.

Le dôme mesure 13 mètres
de diamètre et 22,8 mètres de haut. La fontaine
d'ablution dans la cour comporte douze colonnes supportant un dôme
en forme d'oignon. Le minaret unique est placé au
coin nord-est de la mosquée.

Outre son architecture, c'est
à la fois le parfait équilibre du décor et
la remarquable diversité de revêtements en céramique
qui font l'intérêt de cette mosquée.

Les faïences polychromes d'Iznik,
sur lesquelles figure une alternace de fleurs imaginaires
et de feuilles de style saz, caratéristiques de cette époque,
sont exceptionnellement belles.

Les couleurs sont mises en valeur par
les chatoiements de la lumière à travers les vitraux
et il semble du coup que les nuances de bleu sont infinies.

La mosquée est surmontée
d'une unique coupole et bordée sur trois côtés
d'une galerie en bois peint.

L'ensemble est harmonieux,
d'une grâce infinie, mariage de faïences turquoise et
de marbre blanc.

Ceux qui ont une vue d'aigle pourront
apercevoir, au-dessus du mihrab, un tout petit fragment
de la Pierre noire de La Mecque dans un serti d'or.

Trois autres fragments sont visibles
dans la mosquée, dont un au-dessus de la porte et
un autre dans un carreau d'Iznik.

Ses carreaux d'Iznik sont décorés
d'une grande variété de motifs floraux bleus,
rouges et verts, avec des panneaux de calligraphie en lettres thuluth
blanches sur fond bleu.

Les colonnes intérieures utilisent
du marbre polychrome. Le minbar est en marbre blanc à
calotte conique, gainé de carreaux d'Iznik.

En plus du carrelage, des parties
de la mosquée ont été peintes à l'origine.

La majeure partie de la peinture a
été rénovée mais une partie de la peinture
d'origine subsiste au-dessus du vestibule de l'entrée nord,
sur les consoles soutenant le balcon au-dessus de l'entrée
et sous les plafonds des galeries latérales.

Face à une telle splendeur,
nous demeurons interdits. C'est d'autant plus beau que nous
sommes arrivés au moment de la prière. L'harmonie
entre le lieu et ce moment si particulier est total.

Nous allons donc patienter jusqu'à
la fin de la prière. En silence. Debout à
l'entrée de la mosquée. Immobile, juste occupés
à admirer cette merveille d'harmonie architecturale.







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